Le gui
Symboles, légendes et coutumes
Dans la Grèce Antique, le gui était associé à Hermès, le messager de l’Olympe et dieu de la santé. Certaines légendes serbes et scandinaves confèrent aussi à ces boules vertes des vertus magiques, tandis que la tradition française voulait qu’on mette des branches de gui sur la table pour assurer une moisson abondante. Le gui est également appelé dans certaines régions "bois de Sainte Croix", ce qui laisse entendre qu’il aurait servi à faire la croix du Christ avant de devenir un triste parasite...
Mais les légendes les plus riches concernant le gui nous viennent des gaulois, qui en avaient fait une plante sacrée. Les druides attribuaient des vertus miraculeuses à la plante, capables non seulement de guérir certaines maladies, mais aussi d’immuniser contre les poisons, de lutter contre l’infertilité et de protéger contre la sorcellerie... Lors de la sixième nuit du solstice d’hiver, un druide vêtu de blanc était chargé de cueillir le gui sacré du chêne avec une serpe d’or. Il le mettait dans un drap de lin blanc en disant en celte : O Ghel an Heu, que le blé germe .
L’histoire raconte aussi que les ennemis qui se croisaient sous une boule de gui devaient observer une trêve d’une journée avant de reprendre les combats. De là vient certainement la coutume de suspendre une boule de gui au plafond et de s’embrasser dessous en signe d’amitié. D’autres légendes anglo-saxones seraient à l’origine de cette tradition, mais toutes associent le gui à la prospérité, la fécondité, la fertilité, le bonheur et la longue vie...
Botanique
Viscum album mali
Famille des Loranthacées
Le gui est un arbrisseau hémiparasite. Autrement dit, il vole à son hôte ses sels minéraux et son eau, mais il sait produire sa propre chlorophylle et ses sucres. Il suit la pousse de l’écorce en reculant chaque année le « suçoir » qui lui permet d’aspirer la sève dont il se nourrit, jusqu’au dépérissement final de l’arbre. Ces grosses boules de 50cm de diamètre, que l’on repère de très loin en hiver, ont un feuillage persistant. Les feuilles simples et arrondies, disposées par paire, sont très décoratives. Les fruits, d’un blanc visqueux, sont à l’origine du nom latin de la plante. On en confectionnait autrefois une colle très résistante : la glu des oiseleurs. Les oiseaux en sont très friands et se chargent ainsi de la propagation du gui d’arbres en arbres....
Jardinage
Le gui est un parasite qui appauvrit l’arbre en lui suçant sa sève. Il apprécie particulièrement les pommiers, les peupliers, les trembles, les tilleuls, les poiriers et les noisetiers, mais ne se fixent jamais sur les hêtres et les platanes. La présence de gui sur les chênes est très rare, ce qui le rendait encore plus précieux aux yeux de druides. Il n’existe pas de produits chimiques efficaces contre le gui, et le seul moyen pour lutter contre ce fléau consiste à couper la branche entière suffisamment loin du point d’attache pour éviter une repousse. La prévention contre le gui passe aujourd’hui par la recherche, en sélectionnant des cultivars résistants.
Vertus médicinales
Autrefois, le gui était utilisée en herboristerie pour soigner l’épilepsie, les problèmes nerveux et la coqueluche. Toxique à forte dose, le gui fait aujourd’hui l’objet de recherches scientifiques qui tentent de démontrer ses bienfaits sur le système immunitaire et dans la lutte contre l’hypertension. De récentes recherches pourraient mettre en avant la capacité du gui à inhiber les tumeurs cancéreuses... Comme quoi les druides avaient peut-être raison...
Décoration
Le branches de gui font de très belles décorations hivernales, qui se conservent très longtemps, à condition de faire tremper les tiges dans un vase rempli d’eau.
Les outils pour cueillir le gui :
A défaut de serpette d’or, ces outils permettent de cueillir facilement les boules de gui :





